César : sculpture et cinéma

  • 03/03/2018

La soirée du 2 mars 2018 s’est déroulée sous le signe du cinéma. La 43e cérémonie des Césars a consacré le film « 120 battements par minute » réalisé par Robin Campillo : meilleur film, meilleur acteur masculin dans un second rôle, meilleur espoir masculin, meilleur scenario original, meilleur montage, meilleure musique originale. Six césars, statuettes en bronze poli hautes de 23 cm sur une base de 8 cm par 8 cm.

 

César, auteur des Césars :

C’est au sculpteur marseillais César Baldaccini (1921-1998) qu’est confiée la création et la réalisation des trophées distribués lors de la première grande cérémonie officielle récompensant les réalisations et les travaux artistiques les plus remarquables du cinéma, en 1976. La première version réalisée par l’artiste ne recevant pas l’approbation des acteurs, le sculpteur réalise une seconde version compression rectangulaire en bronze en 1977. Le nom du trophée constitue à la fois un hommage à l’artiste ami de Georges Cravenne fondateur de l’évènement et à Marcel Pagnol. Toujours fondu aujourd’hui, ce trophée assurerait à lui seul la postérité à son créateur. Mais c’est l’ensemble de son œuvre qui vaut aujourd’hui à César d’être l’un des artistes français les plus populaires, autant que controversé du XXe siècle.

 

César, succès et controverse :

L’enfant de Marseille, né dans le quartier pauvre de la Belle-de-Mai connait le succès dès l’âge de 25 ans. Après une formation dans sa ville natale puis à l’école des Beaux-Arts de Paris, César se rapproche de l’avant-garde parisienne fréquentant Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés. Il y découvre les assemblages de Giacometti ou Picasso, travaillant le matériau de rebut pour créer les « fers soudés ». Ses premières œuvres connaissent le succès dès 1954, présentés à la Galerie Lucien Durand. Sa notoriété grandit dans les années 1960, lui permettant de multiplier les expositions à Paris et de par le monde de Sao Paulo à New-York.

Attaché à la recherche perpétuelle autour de la matière, César se fournit de matière première auprès des ferrailleurs. Fasciné par ces paquets de métaux, c’est avec la découverte d’une presse géante importée des Etats-Unis que le sculpteur prend un virage historique et réalise les premières « compressions ». Au salon de Mai de 1960, César présente « 3 tonnes », trois balles de voitures compressées. Mal perçues, ces œuvres d’un genre nouveau, issues d’un geste artistique d’une violence inouïe, valent à César autant de critiques que d’hommages.

 

Compression ou expansion :

César se rapproche des surréalistes et Pierre Restany, partageant leur intérêt pour l’objet de consommation et la quête de nouveaux matériaux. De cet attrait, naîtront les « Expansions », recherches inversées sur la matière, véritables antithèses artistiques des Compressions. Réalisées à partir de mousse polyuréthane, elles constituent pour l’artiste l’occasion de contrôler formes et contours par l’intervention de sa main. « Compressions » et « Expansions » ne constituent que deux aspects des expérimentations du sculpteur qui mérite l’hommage que lui rend tardivement le centre Pompidou.

 

César, la rétrospective :

Car il a fallu attendre vingt ans après la mort de César pour que ce centre national d’Art Contemporain organise un évènement à la hauteur de son importance et de sa renommée. Pour la première fois, près de 130 œuvres rassemblées dans le monde entier sont présentées en un lieu unique. Des pièces emblématiques comme la célèbre empreinte intitulée « Pouce » sont proposées aux visiteurs jusqu’au 26 mars 2018.

 

 

Le conseil de Quel marteau :

Malgré une carrière remarquable, le succès de César auprès des collectionneurs est resté essentiellement français avec 80% des ventes réalisées en France. Toutefois, César est devenu ces dernières années une valeur sûre. Des records ont même été atteints en 2017 avec des modèles du Centaure ou Hommage à Picasso. L’œuvre la plus chère demeure aujourd’hui un Pouce de bronze réalisé en 1975, adjugé 1.218.636 € en 2007 par Cornette de Saint Cyr OVV. L’artiste a le vent en poupe et des galeristes français ont entrepris la conquête de New-York et Londres. N’attendez plus ! Vendez votre César …

 

Le saviez-vous ?

Le trophée en bronze « César » vaudrait autour de 1500 €, à bon entendeur …



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