Les affiches de Mai 68 à l’honneur 50 ans après.

  • 16/03/2018

A l’occasion de leur cinquantenaire, la France se prépare à commémorer ou tracer un bilan acide du fameux héritage des événements de mai 68. Le monde des arts et des enchères braque le projecteur sur les affiches de propagande de l’époque où les mots étaient jetés comme les pavés dans la rue.

 

« Affiches en lutte », une exposition aux Beaux-Arts de Paris

C’est dans les locaux de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris que s’installe l’Atelier Populaire. Artistes, étudiants et propagandistes réalisent à la demande des grévistes des affiches choc qui couvrent les murs chaque jour. La production est prolifique. Près de 600 affiches seront créées entre les mois de mai et juin 1968, selon une organisation bien huilée. Les thèmes sont choisis le matin, à midi une pré-sélection des affiches intéressantes est faite, à 18h un comité révolutionnaire vote en assemblée générale pour l’affiche qui sera imprimée. Le lendemain matin, elle est collée sur le mur. L’exposition rapatrie sur les lieux de leur genèse, un ensemble de ces productions créées pour être éphémères et qui trouvent aujourd’hui une postérité.

 

Sérigraphies par pochoir anonymes et collectives

Il sort des presses de l’atelier populaire près de dix affiches par jour, tirées en moyenne à 500 exemplaires. Le support est de mauvaise qualité, on pare au plus pressé. Mais la technique retenue est la sérigraphie par pochoir, récemment popularisée par Andy Warhol, qui offre la possibilité de multiplier l’impression à plusieurs centaines d’exemplaires contre les quelques dizaines imprimées par lithographies. Les artistes s’y expriment avec force et effervescence, créant une révolution visuelle, un véritable Art de la Révolte. Traits durs, monochromie, couleurs primaires sont utilisés par près de 300 artistes parmi lesquels Calder, Rancillac ou Alechinsky.

 

De l’éphémère à l’intemporel

Dès 1968, ces affiches fascinent. Un ancien chargé de distribuer les affiches aux comités conserve ses préférées avant qu’elles ne soient collées. Certains étudiants les conservent et parfois même les envoient au musée. Enfin, dès l’automne, un recueil est publié à l’initiative de l’éditeur Claude Tchou, véritable anthologie de ces œuvres révolutionnaires. De pièces de propagande, les affiches deviennent objets de collection, propices à s’envoler sous le feu des enchères.

 

La vente de la collection Laurent Storch chez Artcurial

En 1998 à Chartres avec près de 150 pièces, puis en 2008 à Drouot, les nostalgiques ont pu acquérir 30 et 40 ans après des exemplaires des iconiques « Il est interdit d’interdire », « CRS SS » ou « Chienlit ». Pour le cinquantenaire, Artcurial a frappé plus fort en présentant 500 affiches rassemblées par Laurent Storch. Ancien cadre de TF1, il commence sa collection en 1986 à l’âge de 26 ans. Sous le marteau de François Tajan, 60% des affiches ont trouvé preneur, de 50€ à 3000€ pour un montant total de 161 291€. Parmi les nouveaux propriétaires, particuliers, professionnels et institutions, notons la Bibliothèque de Harvard, célèbre université américaine. L’affiche « La beauté est dans la rue » a remporté la plus haute enchère mardi 13 mars à 3380 €. « La lutte continue » simple phrase plaquée en capitales sur le papier est partie à 1170€. Citons un exemplaire de « CRS SS » adjugé 1235€. La fascination opère toujours.

 

Le conseil Quel marteau :

A des prix souvent démocratiques, les affiches peuvent constituer un sujet attractif pour les collectionneurs à petit budget. Cinéma, propagande, théâtre, régionalisme, à chacun son thème. Pour vous garantir un bon achat, assurez-vous de l’état de l’affiche que vous convoitez, de sa datation (beaucoup de rééditions circulent sur le marché qui n’offrent que peu d’intérêt).

Vendeur, ne passez pas à côté d’une affiche rare et recherchée, n’hésitez pas à faire estimer votre pièce pour en déterminer la valeur.

 

 

Rejoignez-nous et trouvez votre commissaire-priseur sur Quel marteau !


Suivez-nous sur FacebookInstagram et Twitter !


 


 

Crédits photographiques : Artcurial


Retour