Des trésors en province !

  • 06/04/2018

New-York, Londres, Hong-Kong ou Paris : les enchères les plus folles et les plus célèbres sont traditionnellement attendues dans ces métropoles. Pourtant, d’incroyables trésors, des enquêtes passionnantes et des records d’enchères nous attendent souvent en province. Quel marteau revient aujourd’hui sur quatre de ces trouvailles que des commissaires-priseurs chevronnés ont su mettre en lumière.

 

L’épopée du coffre de Mazarin transformé en bar

C’est en 2014 qu’un coffre en laque noir et or du Japon attire l’œil aiguisé de Maître Rouillac, commissaire-priseur à Vendôme à l’occasion d’un inventaire classique. Après un travail de recherches approfondi, cette pièce exceptionnelle est identifiée comme un des coffres de Mazarin. Commandé au début du XVIIe siècle par la Compagnie des Indes néerlandaise, ce coffre est acquis en 1658 par le cardinal Mazarin. Sa trace est suivie en Angleterre jusqu’en 1941, où le coffre disparaît. En 1970, un ingénieur français en fait l’acquisition et l’installe dans sa résidence du Val de Loire où il sert de bar. Mis aux enchères, ce chef d’œuvre des meubles de laque du Japon atteint des records et est adjugé au Rijksmuseum d’Amsterdam plus de 7 millions d’euros. Une aventure internationale du Japon, en passant par Jakarta, la France, Londres, le Val de Loire et enfin les Pays-Bas.

 

L’énigme de Judith et Holopherne, tableau caché sous les toits

C’est un commissaire-priseur toulousain qui est appelé lorsqu’au détour de travaux, des combles sont ouverts et libèrent une grande toile restée cachée dans une pièce condamnée. L’expert en tableaux anciens Eric Turquin est consulté pour l’authentifier. Après deux ans d’études et de recherches, en 2016, l’expert français est convaincu d’avoir retrouvé un tableau perdu de Michelangelo Merisi, le Caravage, perdu après 1617 et dont on ne connait jusqu’alors qu’une copie par le marchand-peintre Louis Pinson, ami du Caravage. Le tableau est classé « trésor national » par l’Etat français qui pourrait tenter de l’acquérir autour de 120 millions d’euros. La bataille d’experts fait rage. L’attribution de Judith décapitant Holopherne au Caravage n’est pas encore unanime, mais le tableau caché dans les combles a déjà fait couler beaucoup d’encre et fera certainement encore parler de lui.

 

Un tableau majeur de l’époque Empire retrouvé à Nantes

Dans la région nantaise, une famille propriétaire d’un tableau XIXe siècle contacte Maître Bertrand Couton. Ils ont pris la décision de mettre en vente cette toile figurant une scène mythologique qui avait été acquise par leurs ascendants en 1930. L’histoire s’emballe : le commissaire-priseur saisi par l’exceptionnelle qualité de l’œuvre prend conseil auprès du cabinet Turquin. Les recherches vont lever le voile sur un chef d’œuvre perdu que les spécialistes mentionnaient dans les ouvrages faisant référence à une gravure. Il s’agit du « Télémaque, pressé par Mentor, quitte l’Ile Calypso » peint par Charles Meynier (1768-1832). C’est le chaînon manquant de l’œuvre de l’artiste et les enchères vont s’envoler pour atteindre les 2,2 millions d’euros sous le marteau de Maître Couton. Un grand spécialiste de la peinture XIXe siècle venu assister à la vente, cité par Presse Océan, admet : « A ce niveau d’enchères les musées français étaient dépassés. C’est un tableau qui aurait pu sans problème être au Louvre au niveau de la qualité. Mais le prix paraît hors norme, délirant. C’est le prix d’un tableau d’Ingres ou de Delacroix. C’est un artiste connu des spécialistes, grand rival du peintre Anne-Louis Girodet (1767-1824). Et c’était le dernier de Meynier qui manquait […] dans la production de l’artiste et de l’époque."

 

D’autres surprises à venir …

C’est encore à la famille Rouillac, père et fils, coutumiers de la découverte, que nous devons la mise en vente le 10 juin prochain d’un tableau jusqu’alors inconnu des trois Frères Le Nain, Antoine, Louis et Matthieu, célèbres notamment pour leurs scènes de genre de la première moitié du XVIIe siècle. Ils seront éclipsés par le classicisme de Nicolas Poussin et l’influence des Rubénistes à l’Académie royale, puis redécouverts au XIXe siècle à travers Courbet ou Corot qui s’en inspirent. Jacques Thuillier, spécialiste de la peinture française au XVIIe siècle a estimé leur production a plus de 2000 toiles dont seules 75 étaient connues jusqu’à cette découverte dans le salon d’une septuagénaire. La propriétaire ignorait en faisant appel aux commissaires-priseurs que ce don de sa mère serait mis à prix 1 million d’euros dans 2 mois.

 

Le conseil Quel marteau :

Le professionnel est votre meilleur atout pour identifier et réaliser la vente d’objets anciens que vous détenez. Les trésors de famille peuvent parfois se révéler de réels trésors et les ventes aux enchères de province peuvent égaler leurs concurrentes parisiennes. Quel marteau vous aide à trouver le commissaire-priseur qui vous convient : spécialiste, proche de chez vous, généraliste : vous comparez et c’est vous qui choisissez !



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